Association Européenne des Écoles d’Études Politiques du Conseil de l’Europe

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Témoignages

Sylvie KaufmannSylvie Kauffmann, Rédactrice en chef du journal « Le Monde »

L’Union Européenne a un problème de leadership. Dans le même temps, certains de ses Etats-membres sont absorbés par des problèmes de leadership internes, souvent en raison de coalitions gouvernementales trop fragiles. Le défi pour ces gouvernements est d’affirmer leur autorité, c’est-à-dire de diriger, sans aliéner les citoyens. C’est ce dont ils ont besoin pour avancer, pour progresser.

Le leadership n’est pas seulement une question de pouvoir ou de puissance. Il s’agit également de détenir une autorité morale, de définir des objectifs et d’atteindre des résultats. Etre leader c’est mener par l’exemple dans le respect des valeurs, telles que la transparence, l’intégrité et le partage du pouvoir avec les institutions démocratiques, le respect de l’indépendance de ces institutions, y compris l’indépendance des médias.

Bianca JaggerBianca Jagger, Ambassadrice de bonne volonté du Conseil de l’Europe

Il est nécessaire d’établir des normes mondiales de responsabilité et également de mettre fin aux doubles standards, qui dominent le système international. Il est crucial de trouver un leadership capable de mettre en place des mécanismes juridiques internationaux efficaces. Il est temps de mettre fin à une culture d’impunité, qui a pendant si longtemps nui au monde en développement; les gouvernements du monde entier, quant à eux, doivent tenir pour responsables les entreprises et leurs dirigeants, ainsi que protéger leurs citoyens et leurs ressources naturelles. La reconnaissance de certains actes comme « crimes » donnera aux générations présentes et futures une voix et, plus important, les droits effectifs qui leur manquent actuellement. La définition d’un « crime contre les générations présentes et futures » demande à ce que « l‘activité qui met en danger la pérennité de la vie soit prohibée et poursuivie en tant que crime international ».

HistoriqueMichel Rocard, ancien Premier ministre de France
4ème Université d’été de la Démocratie, 6 July 2009, Strasbourg

« Le défi propre de la démocratie c’est de savoir si mondialement elle se révèlera capable de traiter tous les problèmes contemporains à la fois. Or, la démocratie n’est belle que sous les dictatures. Regardez toutes nos démocraties de l’Europe de l’Est que nous venons d’accueillir. Quand elles vivaient sous la dictature, ces nations connaissaient parmi leur peuple d’immenses courages, une aspiration énorme à la démocratie qui est allée jusqu’au sacrifice de la vie. Mais cinq ans après l’indépendance le taux de participation électoral a déjà baissé de près de moitié. On vote de moins en moins et de plus en plus pour des extrêmes, et la démocratie donne l’impression d’être désespérément peu efficace. Nous savons en plus que la démocratie se caractérise, par rapport à tout autre système de gouvernement, par une lenteur de décision qui est due à un respect de nos principes, lesquels prennent place dans des procédures. Mais cette lenteur elle-même est en général une condamnation de l’efficacité des décisions ».

 

 
 
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